Longue et passionnante est la route de vie. Je nais à chaque aube. Je ne sais rien et j'apprends à nouveau à chaque instant. Je suis en éveil de rien et de tout et je discerne l'essentiel, enfin j'essaye. Le mouvement, le temps, l'espace, la nature, la technologie, l'outil des créateurs, leurs oeuvres offertes à tous les sens. Voilà ce que j'aime après aimer l'humanité, la Femme, mes enfants. La vie quoi! Dans la mémoire... les trains...ceux qui prenaient leur temps, ceux qui faisaient que l'on se rencontre, que lascivement les distances chantent au rythme de l'acier contre l'acier.Tout était lumière, sculpture en mouvement, sonore, symphonique: envoûtant.
La Mer: pour mille raisons banales et secrètes. Les bateaux, les vrais. C'est comme pour les trains. William Fife disait "si c'est beau, ça naviguera bien". C'est vrai pour un voilier, un vrai cargo qui pue, un paquebot qui pavoise. J'aime mon bateau.
Mon ketch qui se dandine sur son coffre à la Trinité. Naviguer seul, avec mes fils, une femme, des potes qui aiment la brûlure d'un mégot au vent et l'âpreté d'une shot de whisky. Ceux qui aiment la mer d'Irlande... Katrin Sholz interprétant les concertos pour violon de Haydn! Blaise Cendrars et ses compagnes! Hemingway et son dry martini! Noirmoutier avant que le pont fasse une horrible liaison contre nature! La Closerie des Lilas les soirs d'Hiver, Le Select vers 11h le matin quand le barman ne fait pas la gueule, La Palette au printemps vers 5heures ou le matin au café fumant. Groix, Belle-île, Yeu, Houat, Hoedic, Glénan, Moorea, Trinidad. Le cap de Bonne Espérance dans la brume... et puis oui, la côte entre Carmel et Big Sure... ce que j'appelle l'Ouest de l'Ouest... après dans la brume on peut prendre son dernier envol.